Fraude en ligne via WhatsApp en Afrique : ESET livre des détails à partir de plusieurs études
WhatsApp est devenu, selon un rapport 2025 de la Federal Trade Commission (FTC), le deuxième réseau social le plus utilisé par les escrocs, juste derrière Facebook, avec des pertes liées aux arnaques sur les réseaux sociaux multipliées par huit en cinq ans aux États-Unis. En France, la plateforme publique Cybermalveillance.gouv.fr a franchi en 2025 le seuil de 500 000 victimes assistées, en hausse de 20% sur un an. Le phénomène est mondial, et la Côte d’Ivoire n’y échappe pas : plusieurs alertes locales récentes montrent que les mêmes techniques y circulent activement.
Une arnaque reconnue par Meta lui-même
Parmi les méthodes les plus répandues sur WhatsApp figure ce qu’on appelle “l’arnaque du code à six chiffres”. Le principe : un message arrive, apparemment envoyé par un contact connu, un ami, un proche, parfois un numéro se faisant passer pour un service officiel. Il peut s’agir d’une demande de vote pour un concours, d’une prétendue mise à jour de compte à valider, ou d’un lien à ouvrir pour débloquer un colis ou une prime. La victime est alors invitée à saisir ou transmettre un code de vérification à six chiffres qu’elle vient de recevoir par SMS, un code strictement personnel, censé confirmer sa propre identité sur l’application. En le communiquant, elle donne en réalité à l’attaquant les clés de son propre compte WhatsApp, avec accès à ses contacts et à toute personne de son entourage susceptible d’être ciblée à son tour.
Cette technique s’est tellement répandue que Meta, la maison mère de WhatsApp, l’a officiellement reconnue et a annoncé en mars 2026 le déploiement de nouveaux outils de sécurité pour tenter de la contrer. Les chercheurs d’ESET, qui documentent régulièrement ce type de fraude sur leur plateforme de veille WeLiveSecurity, décomposent son efficacité en trois leviers psychologiques précis : la confiance (créée par l’usurpation d’un contact connu), l’urgence (un faux problème à résoudre immédiatement) et le contrôle (obtenu dès que le code ou l’accès à distance est accordé), une combinaison qui donne à l’escroc une visibilité quasi totale sur le compte de la victime.
Des alertes locales qui se multiplient en Côte d’Ivoire
Ces derniers mois, plusieurs signaux concrets sont venus confirmer l’ampleur du phénomène dans le pays. En août 2026, l’opérateur Wave Côte d’Ivoire a publiquement mis en garde ses utilisateurs contre des messages frauduleux annonçant de faux gains ou de fausses mises à jour obligatoires de compte, recommandant de toujours vérifier une information suspecte via ses canaux officiels, le 1315 ou le numéro WhatsApp dédié +225 07 13 15 13 15, plutôt que de suivre les instructions reçues dans le message. Le même mois, une plateforme frauduleuse imitant un site officiel de gestion des contraventions routières a été signalée, incitant les usagers à régler de fausses amendes moyennant une réduction alléchante, en échange de leurs informations personnelles.
Les réflexes qui font la différence
- Ne jamais transmettre un code de vérification reçu par SMS ou par l’application, même à un contact connu ou à quelqu’un se présentant comme un agent officiel, ce code n’a aucune autre fonction que de confirmer votre propre identité
- Activer la vérification en deux étapes sur WhatsApp (Paramètres → Compte → Vérification en deux étapes), qui ajoute un code PIN personnel impossible à contourner avec le seul code SMS
- Se méfier de toute urgence artificielle : gain à réclamer rapidement, compte à mettre à jour “sous peine de suspension”, colis bloqué en douane, ces formulations reviennent systématiquement dans les arnaques recensées
- Vérifier une information suspecte uniquement via les canaux officiels de l’organisme concerné, jamais via le lien ou le numéro fourni dans le message reçu
- En cas de compte déjà compromis, se reconnecter immédiatement à WhatsApp avec son téléphone habituel pour recevoir un nouveau code, ce qui déconnecte automatiquement l’appareil du pirate
Le point commun de ces arnaques n’est pas la sophistication technique, mais la vitesse d’exécution et la confiance accordée aux messageries que nous utilisons sans y penser, plusieurs fois par jour, avec nos proches.
Sources : Commission fédérale du commerce américaine (FTC) · Cybermalveillance.gouv.fr (rapport 2025) · Meta (annonce mars 2026) · ESET, WeLiveSecurity · Wave Côte d’Ivoire · Signalements relayés par les autorités et la presse ivoirienne (août 2026)





