Inclusion financière en Afrique : la cybersécurité comme un indispensable
L’Afrique connaît depuis quelques années une transformation de son paysage financier. Cette progression est portée par la généralisation du mobile money et la digitalisation des services financiers. Selon GSMA, plus de 1,1 milliard de comptes étaient enregistrés en Afrique subsaharienne en 2024, avec une progression de 21 % en Afrique de l’Ouest entre 2023 et 2024. L’ampleur de cette transformation se reflète également dans les volumes de transactions. D’après le Rapport SIIPS 2025 d’AfricaNenda, les systèmes de paiements instantanés en Afrique ont traité près de 64 milliards de transactions en 2024, pour une valeur totale proche de 2 000 milliards de dollars. Le rapport indique que 36 systèmes sont actuellement opérationnels dans 31 pays africains, dont cinq ont été lancés au cours de l’année écoulée.
Mais aussi remarquable soit-elle, cette avancée se heurte à un défi. Derrière cette croissance, une réalité plus nuancée s’impose. Il s’agit de la confiance numérique qui peine à suivre le rythme de l’adoption. La généralisation des services digitaux expose davantage les usagers aux risques cyber. Dans ce contexte, la cybersécurité apparaît désormais comme une condition sine qua non de la confiance numérique et sans elle, l’inclusion financière pourrait se heurter à une défiance croissante des utilisateurs.

Plusieurs chiffres illustrent d’ailleurs l’ampleur de la menace. Selon INTERPOL, une vaste opération coordonnée contre la cybercriminalité menée entre le 27 octobre et le 27 novembre 2025 dans 19 pays africains a conduit à l’arrestation de 574 suspects liés à des activités cybercriminelles. Les cas investigués ont été associés à des pertes financières estimées à plus de 21 millions de dollars, et environ 3 millions de dollars ont été récupérés au cours de l’opération. En 2025, une autre opération internationale coordonnée par l’organisation a permis l’arrestation de 1 209 individus soupçonnés de cybercriminalité, ainsi qu’un préjudice de liés à des fraudes. Le défi est double. D’un côté, il sera question d’ élargir l’accès aux services et d’un autre côté de garantir leur sécurité. Car les nouveaux utilisateurs, souvent peu sensibilisés figurent parmi les plus exposés.
Au-delà des politiques publiques, l’investissement dans les compétences et la sensibilisation des usagers apparaît indispensable. La confiance numérique ne repose pas uniquement sur la technologie, mais aussi sur la capacité des citoyens à comprendre et à maîtriser les risques. La cybersécurité s’impose comme un pilier essentiel pour préserver la confiance numérique et soutenir durablement l’inclusion financière en Afrique. La construction de systèmes numériques à la fois accessibles et suffisamment sécurisés apparaît alors indispensable.
Sources : FinDev, AfricaNenda, INTERPOL





