Empreinte numérique au niveau des organisations : Kaspersky dévoile un risque sous-estimé en cybersécurité
Les cyberattaquants ne ciblent plus uniquement les infrastructures informatiques internes des organisations. Ils exploitent désormais les informations et ressources exposées sur Internet, constituant ce que les experts appellent l’empreinte numérique. Cette dernière regroupe l’ensemble des traces laissées volontairement ou involontairement par une entreprise. Ici, il s’agit des sites web, des sous-domaines, des adresses IP, des réseaux sociaux, des services cloud, des accès SaaS, des données publiques, des informations sur les collaborateurs ou des encore fuites de données circulant sur le Dark Web. C’est dans cette perspective que Kaspersky en partenariat avec le Monde Informatique a dévoilé récemment son livre blanc intitulé “Voir ce que les attaquants voient : reprenez la main sur votre empreinte numérique’’. Selon ledit livre blanc, ces éléments représentent aujourd’hui des portes d’entrée privilégiées pour les cybercriminels. Grâce à des informations accessibles publiquement, un cyberattaquant peut mener des campagnes de phishing ciblé, usurper l’identité d’un dirigeant, compromettre des comptes professionnels ou encore accéder à des environnements cloud sensibles.

Plus loin, le rapport souligne que les réseaux sociaux professionnels, notamment LinkedIn, facilitent la collecte d’informations sur l’organisation et ses employés. Ces données alimentent des opérations d’ingénierie sociale de plus en plus crédibles, renforcées par l’utilisation de l’intelligence artificielle générative pour produire de faux documents ou messages convaincants. Les conséquences peuvent être majeures. Une compromission d’accès SaaS ou cloud ouvre la voie au vol de données, aux rançongiciels, à la fraude financière et à la diffusion d’informations sensibles sur le Dark Web. Le document rappelle notamment qu’en 2024, 35 % des cyberattaques recensées dans 19 pays africains étaient liées à la compromission de messageries professionnelles, selon Interpol. Face à cette évolution des menaces, les experts recommandent l’adoption d’une démarche de Cyber Threat Intelligence (CTI). Cette approche consiste à surveiller en continu l’empreinte numérique, détecter les vulnérabilités, identifier les fuites de données et analyser les signaux faibles avant qu’ils ne se transforment en incidents de sécurité.

La Cyber Threat Intelligence (CTI) repose sur quatre axes prioritaires à savoir la collecte de renseignements sur les menaces, l’analyse et la priorisation des risques, l’intégration du renseignement dans la stratégie globale de cybersécurité et la correction continue des vulnérabilités identifiées. Cette approche permet aux organisations de passer d’une posture réactive à une posture proactive fondée sur l’anticipation. Pour les spécialistes de la cybersécurité, la maîtrise de l’empreinte numérique est devenue un enjeu stratégique. La protection des actifs exposés, la surveillance du Dark Web et la sensibilisation des collaborateurs constituent désormais des composantes essentielles de la résilience cyber des entreprises. Dans un environnement où les attaques commencent bien avant l’intrusion, connaître ce que les cybercriminels peuvent voir est devenu une condition indispensable pour mieux se défendre.
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Source : Kaspersky





