Protection des données au Kenya : la Haute Cour ordonne la suspension d’un cadre de coopération sanitaire signé avec les États-Unis
La Haute Cour du Kenya a ordonné ce 11 décembre 2025 la suspension du déploiement du cadre de coopération sanitaire signé entre Nairobi et Washington. La décision ouvre une parenthèse nécessaire dans un débat qui enfle depuis plusieurs jours. Le pays veut comprendre ce que devient sa donnée médicale, qui la manipule et dans quelles conditions elle circule. C’est la Fédération des Consommateurs du Kenya qui a alerté les autorités sur une possible violation des données dans le cadre de cette coopération sanitaire avec les États-Unis.
Selon elle, certaines dispositions de l’accord évalué à plus de 208 milliards de shillings soit environ 1 615 910 504,00 de dollars US ouvrent la porte à une exposition de données sensibles à des acteurs étrangers. Elle affirme que le texte autorise des échanges d’informations susceptibles de heurter les droits constitutionnels à la vie privée. Saisi, le Juge Bahati Mwamuye a ordonné une suspension complète de toute action liée à la mise en œuvre du cadre. Aucun ministère ni aucun organisme public ne peut, pour l’instant, faciliter un transfert ou un partage de données de santé identifiables. Il rappelle que la protection de la vie privée ne peut se réduire à une simple promesse administrative.
Par ailleurs, le Ministère kényan de la Santé a rendu public le document intégral de trente-sept pages après une pression intense de la société civile. Ainsi, les autorités assurent que seules des données agrégées et anonymisées seraient utilisées notamment pour la planification sanitaire, la surveillance épidémiologique et l’amélioration des performances du système. Elles insistent sur l’absence de tout accès à des dossiers médicaux individuels. Mais la Fédération des Consommateurs du Kenya estime que ces garanties ne suffisent pas. Elle réclame une sécurité juridique claire, un cadre opposable et non de simples engagements verbaux. La procédure judiciaire suit désormais son calendrier.

En attendant, le Kenya marque une pause. Le partenariat promettait une modernisation ambitieuse des hôpitaux, un renforcement de la surveillance des maladies et un appui à la couverture sanitaire universelle. Mais rien de tout cela ne peut avancer sans la confiance des citoyens.
Sources : Reuters, Dawan Africa, RFI Afrique





