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CYBER-ACTU

Rapport 2026 d’INTERPOL sur les cybermenaces en Afrique : 55 % des cybercrimes impliquent désormais l’intelligence artificielle

La cybercriminalité poursuit sa progression en Afrique et gagne en sophistication avec l’appui de l’intelligence artificielle. Dans son African Cyberthreat Assessment Report juin 2026, publié le 03 août, INTERPOL dresse un constat tout de même préoccupant. En effet, le Rapport fait état de 55 % des cybercrimes signalés sur le continent impliquent désormais l’intelligence artificielle, qui est utilisée pour automatiser les attaques, créer des contenus frauduleux et contourner les dispositifs de sécurité. 

Le rapport montre également que la cybercriminalité occupe une place de plus en plus importante dans la criminalité globale. En Afrique de l’Ouest et en Afrique australe, plus de 30 % des infractions signalées sont désormais liées à la cybercriminalité, faisant de cette dernière l’une des principales menaces auxquelles sont confrontés les services de sécurité. Les conséquences financières suivent le même rythme. Les pertes déclarées sont passées de 192 millions de dollars en 2024 à 484 millions de dollars en 2025, soit plus du double en un an. INTERPOL estime toutefois que le coût réel de la cybercriminalité sur le continent dépasse 5 milliards de dollars, en raison notamment des nombreuses attaques qui ne sont jamais signalées.

Cas de cybercriminalité signalés par type en 2025 (Source : enquête menée auprès des pays membres d’INTERPOL)
Cas de cybercriminalité signalés par type en 2025 (Source : enquête menée auprès des pays membres d’INTERPOL)

Les escroqueries en ligne demeurent la menace la plus répandue, mais les attaques deviennent plus complexes. Le rapport souligne que le Business Email Compromise (BEC) reste la forme de fraude la plus coûteuse financièrement, avec 70 % des détections concentrées dans seulement deux pays africains. Les rançongiciels continuent également de gagner du terrain. 92 % des détections recensées proviennent d’une seule région du continent, ce qui montre une forte concentration des attaques contre certaines infrastructures.

INTERPOL parle aussi des deepfakes, des identités synthétiques et des campagnes de phishing automatisé, rendues possibles par l’intelligence artificielle. Ces techniques permettent aux cybercriminels de produire des contenus crédibles à grande échelle et de réduire progressivement la nécessité d’une intervention humaine dans la préparation des attaques. Le rapport révèle aussi que 72 % des pays africains déclarent avoir identifié des centres d’escroquerie (“scam center”) qui opèrent sur leur territoire. 

Malgré les progrès réalisés, plusieurs difficultés persistent. Si 83 % des pays disposent désormais d’une législation sur la cybercriminalité, ces cadres juridiques restent souvent peu harmonisés. En outre, 94 % des services chargés de l’application de la loi estiment ne pas disposer d’outils suffisants de criminalistique numérique, tandis que seuls 8 % des analystes du renseignement possèdent une expertise avancée en intelligence artificielle.

Cas de cybercriminalité signalés par type en 2025 (Source : enquête menée auprès des pays membres d’INTERPOL)
Cas de cybercriminalité signalés par type en 2025 (Source : enquête menée auprès des pays membres d’INTERPOL)

Le rapport met néanmoins en avant plusieurs avancées enregistrées en 2025. 17 pays africains ont adopté ou révisé leur législation sur la cybercriminalité. Les opérations coordonnées par INTERPOL ont conduit à plus de 1 500 arrestations, tandis que les initiatives de renforcement des capacités et les partenariats entre les secteurs public et privé se développent progressivement.

Pour INTERPOL, ces évolutions confirment que la lutte contre la cybercriminalité ne peut plus reposer uniquement sur des réponses techniques. Le renforcement des capacités nationales, l’harmonisation des cadres juridiques et l’intensification de la coopération régionale apparaissent désormais comme des leviers essentiels pour faire face à des menaces de plus en plus transfrontalières et largement amplifiées par l’intelligence artificielle.

Téléchargez le Rapport intégral ici

Source : INTERPOL

Christelle HOUETO

Journaliste communicante spécialisée sur les questions de sécurité numérique

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