Vacances scolaires : protéger les enfants des dangers du numérique
Les grandes vacances libèrent du temps et ce temps, les enfants et adolescents le passent de plus en plus devant un écran. Jeux vidéo en ligne, réseaux sociaux, messageries : sans le cadre de l’école, l’exposition numérique des plus jeunes augmente fortement pendant l’été, souvent sans supervision suffisante.
Un fossé numérique qui expose les plus jeunes
Le rapport 2024 de la GSMA sur l’état de la connectivité mobile souligne que seuls 27 % des habitants d’Afrique subsaharienne utilisaient l’internet mobile fin 2023 [1], une adoption qui progresse vite, portée notamment par les jeunes. Cette croissance rapide a un revers : des millions de primo-utilisateurs, enfants compris, découvrent le web sans bagage de cybersécurité ni repères pour distinguer un contact malveillant d’un échange anodin. Le phénomène n’est pas propre à la Côte d’Ivoire : selon INTERPOL, plus de 30 % des crimes désormais signalés en Afrique de l’Ouest et de l’Est relèvent du cyberespace, une tendance qui touche aussi les infractions visant les mineurs [2].
Des risques concrets, pas abstraits
Les dangers auxquels les enfants sont exposés en ligne pendant les vacances prennent plusieurs formes : sollicitations par des inconnus sur les jeux en ligne ou les réseaux sociaux, partage impulsif d’images ou d’informations personnelles, cyberharcèlement entre pairs qui se poursuit hors du cadre scolaire, ou encore accès à des contenus inadaptés à leur âge. Le temps d’écran non encadré, propre à la période estivale, amplifie chacun de ces risques. « Les vacances ne réduisent pas les cyber risques, elles les déplacent. Lorsque nos enfants passent davantage de temps en ligne, la meilleure protection reste l’association d’une technologie de confiance et d’un accompagnement actif des parents. » Mohamed Amine Dahmani, Responsable régional des ventes, ESET Afrique du Nord-Ouest
Sensibiliser plutôt qu’interdire
L’enjeu n’est pas de couper les enfants du numérique, mais de les accompagner. Le dialogue reste le premier rempart, mais il peut être complété par des outils techniques : la plupart des solutions de sécurité familiales actuelles intègrent désormais une fonction de contrôle parental, permettant aux parents de superviser le temps d’écran et les usages sans avoir à surveiller chaque échange en permanence, un complément au dialogue, jamais un substitut.
Les bons réflexes pour l’été
- Fixer ensemble, avant les vacances, des règles claires sur le temps d’écran et les usages autorisés ; un cadre discuté est mieux respecté qu’un cadre imposé.
- Activer les paramètres de confidentialité et le contrôle parental disponibles sur les plateformes et appareils utilisés par l’enfant.
- Encourager l’enfant à parler librement de ce qu’il vit en ligne, sans crainte d’être puni ou privé d’écran s’il signale un problème.
- Rester attentif aux signes de changement de comportement (isolement, anxiété, réticence à montrer son téléphone) pouvant indiquer un cyberharcèlement ou une sollicitation malveillante.
- Rappeler qu’aucune image ou information personnelle ne doit être partagée avec un inconnu, même dans un jeu en ligne qui paraît anodin.
La sécurité numérique des enfants ne se limite pas à l’installation d’un logiciel : elle repose avant tout sur le dialogue et l’accompagnement des familles. Les vacances, où les enfants passent davantage de temps en ligne et moins de temps encadré, sont précisément le moment où cet accompagnement compte le plus.
[1] GSMA, État de la connectivité mobile 2024 · [2] INTERPOL, Africa Cyberthreat Assessment Report 2025






