L’économie de la Cybersécurité à l'épreuve du contexte africain

La révolution numérique en Afrique met les institutions publiques et les entreprises face à la réalité de la cybercriminalité, du cyberespionnage et de la cyberguerre. Cette menace ne doit pas freiner des marchés en pleine expansion et sur le développement de l’économie numérique.

Savez vous :

  • 600 milliards $ de perte pour l’économie mondiale en 2017 « Impact économique de la cybercriminalité 2018 » (Source McAFee)
  • 2 milliards $ de perte au PIB de la région d'Afrique à cause de la cybercriminalité  (Source McAFee)
  • 61 % des institutions gouvernementales, télécoms et banques d’Afrique de l’Ouest sont vulnérables aux cyberattaques (Source : JIGHI INC)
  • 2,32 milliards $ en 2020 contre 1,33 milliards de dollars en 2017 pour le marché de la cybersécurité en Afrique (Source: Etude « Africa Cyber Security Market »)

 

L’une des questions généralement posées dans le contexte africain est de savoir comment  une politique de cybersécurité est-elle génératrice de revenus ?

La transformation digitale s’accompagne d’un nouveau défi pour les institutions gouvernementales et financières ainsi que pour les entreprises. L’adoption d’outils de communications, de gestion et de stockage des données intensifie le risque de cyber-attaques. Les différents organismes subsahariens, étatiques ou privés, sont encore vulnérables faces au phénomène. Les données personnelles et professionnelles de millions d’utilisateurs sont ainsi menacées, de sorte que la cybersécurité s’avère être l’un des plus grands challenges que le digital pose à l’Afrique. Pourquoi ? Car il s’agit de minimiser les pertes financières en sécurisant les systèmes informatiques, de respecter les nouvelles normes réglementaires, de protéger et fidéliser les utilisateurs. Autant d’outils générateurs de revenus pour les acteurs économiques préparés à ce grand chantier. 

Les entreprises et gouvernements africains doivent prioriser, anticiper et sécuriser leur exploitation digitale. Les modes opératoires des Hackers malveillants sont sans cesse renouvelés et évolutif, générant une forme de pression plus ou moins permanente sur les acteurs économiques. Face à ce sentiment croissant de vulnérabilité, il s’agit pour les entreprises de savoir mieux prioriser les réponses sécuritaires à adopter. La tentation de la réponse immédiate, souvent sans cohérence avec l’organisation globale de l’entreprise, est parfois dangereuse, bien souvent inefficace.  Les meilleures stratégies de cybersécurité reposent donc sur un questionnement plus large. Un questionnement qui en appelle à l’anticipation du risque, à la priorisation des réponses et à la sécurisation globale de l’entité. De sorte que les enjeux sécuritaires ne viennent pas à fragiliser l’agilité et la réactivité qui pourrait être mise en place. 

Alors que les services en ligne se multiplient et que le nombre d’utilisateurs des nouvelles technologies est en constante augmentation en Afrique, la cybersécurité constitue également un nouveau marché panafricain à part entière. Pour mieux lutter contre la cybercriminalité, les pays africains mettent en place des stratégies nationales, adaptent leurs dispositifs législatifs, et développent des relations privilégiées avec les entreprises du secteur de la cyberdéfense. Des structures, comme le premier centre cybersécurité d’Afrique subsaharienne, voient le jour et les rencontres entre professionnels se multiplient, à l’image de l’Africa Cyber Sécurité Conférence qui a lieu chaque année en Côte d’Ivoire. La cybersécurité va donc de paire avec l’apparition de nouvelles opportunités de marchés-concomitantes à des engagements politiques forts. 

Ramanou BIAOU
Consultant en Gouvernance et Stratégie de  Cybersecurité